La préoccupation excessive à l’égard du poids

Dans la société occidentale, des femmes grandes et minces (maigres dans la plupart des cas) sont exposées comme des idéaux, voire des modèles de beauté. En sachant que moins de 5 % des femmes ont naturellement une silhouette semblable à celle des mannequins1, il n’est pas surprenant de constater que la majorité d’entre elles sont insatisfaites de leur corps et ont une image corporelle négative.

 

Un sondage mené auprès des femmes québécoises démontre que2 :

  • 73 % d’entre elles souhaitent perdre du poids, peu importe leur silhouette;
  • 50 % de celles qui ont un poids normal souhaitent également perdre du poids;
  • 37 % présentent de l’anxiété en pensant à leur poids;
  • 22 % affirment que la gestion du poids domine leur vie.

 

Le phénomène est aussi présent chez les hommes, qui sont de plus en plus sensibles à la différence qu’ils observent entre leur silhouette et celle des mannequins musclés que l’on retrouve dans les publicités.

 

Selon une récente étude3 :

  • 7 % des hommes de poids normal se trouvent trop maigres;
  • 14 % des hommes de 15-24 ans ont tenté de gagner du poids.

 

Qu'est-ce que la préoccupation excessive à l'égard du poids?

On parle de préoccupation excessive à l’égard du poids lorsque l’insatisfaction par rapport au poids porte atteinte à la santé physique ou mentale de l’individu. Cette personne peut avoir ou ne pas avoir un surplus de poids. Le désir d’être plus mince ne se limite donc pas aux personnes obèses ou présentant un excès de poids.

 

Ces personnes ne répondent pas nécessairement aux critères diagnostiques de l’anorexie et de la boulimie, mais leur préoccupation à l’égard du poids pourra les amener à :

  • Sauter des repas, ne pas manger à sa faim ou même jeûner;
  • Avoir une relation tordue avec la nourriture ou certains aliments;
  • Utiliser toutes sortes de moyens amaigrissants pouvant être nuisibles, voire dangereux  pour leur santé;
  • Vivre échec par-dessus échec, en cumulant les régimes, et ainsi développer une faible estime de soi – en plus d’un problème de poids plus important;
  • Se dénigrer continuellement à l’égard de leur image corporelle et mettre des pans de vie sur la glace en attendant le jour où elles auront maigri;
  • Abandonner la pratique d’activité physique ou au contraire, la pratiquer compulsivement;
  • Etc.

 

Plus la préoccupation est grande, plus la personne qui la vit est prête à adopter des comportements dangereux pour arriver à atteindre la silhouette idéale, et plus les répercussions sur la santé physique et mentale sont importantes.

 

Les adolescents : un groupe vulnérable

Les changements corporels à l’adolescence surviennent au moment où les jeunes sont facilement intimidés par le regard des autres sur leur corps. Durant cette période, ils ressentent donc fortement les nombreuses pressions socioculturelles à se conformer à certains standards en ce qui a trait à leur apparence et à d’autres aspects de leur vie.
 



Parallèlement, les adolescents évoluent dans un quotidien de plus en plus imprégné des médias et des mouvements sociaux. Ils sont donc exposés à un nombre imposant de messages liés au poids et à la silhouette, cumulant autant les commentaires provenant des pairs, de la famille, des enseignants, des entraîneurs sportifs que les messages véhiculés dans les magazines, par les vedettes, le cinéma, la télévision et l’Internet. Il n’est donc pas étonnant que tant d’adolescents soient préoccupés par leur poids. 

 

Au Québec4 :

  • 70 % des adolescentes essaient de maigrir;
  • 35 % des fillettes de 9 ans ont déjà tenté de maigrir;
  • Environ le tiers des garçons de 13 à 16 ans souhaiteraient avoir une plus grosse silhouette;
  • 35 % des garçons de 16 ans s’entraînent souvent de façon intensive pour gagner du poids;
  • Plus de 40 % des garçons de 13 à 16 ans ont déjà fait l’usage de suppléments dans le but d’augmenter leur poids.

 

 


 

1 GREENBERG BS and al. (2003). “Portrayals of Overweight and Obese Individuals on Commercial Television”,  in American Journal of Public Health, Vol. 93, No. 8.

 

2 IPSOS REID (2008). Canadian Women’s Attitudes Towards Weight, Sondage pour le compte des Producteurs laitiers du Canada.

 

3 CAMIRAND, H. et autres (2010). L’Enquête québécoise sur la santé de la population, 2008 : pour en savoir plus sur la santé des Québécois, Québec, Institut de la statistique du Québec, 205 p.

 

4 LEDOUX M., MONGEAU L. et RIVARD M. (2002). « Poids et image corporelle » dans Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois, 1999, Québec, Institut de la statistique du Québec, chapitre 14, p. 311 à 344.