La santé et le bien-être en toute liberté
Mythes et réalités

MYTHE OU RÉALITÉ?

1. Pour une taille donnée, plusieurs poids sont appropriés.

RÉALITÉ! Le poids santé inclut un éventail de poids différents pour des personnes d’une même taille, tout en leur assurant de vivre en santé. Les formats corporels des êtres humains sont naturellement variés. Dans la société occidentale toutefois, des femmes grandes et minces (maigres dans certains cas) nous sont exposées comme des idéaux, voire des modèles de beauté. Moins de 5 % des femmes ont naturellement une silhouette semblable à celle des mannequins, ce qui ne les empêche pas d’être en bonne santé. À force d’essayer de ressembler à ces modèles de beauté, de nombreuses femmes et jeunes filles adoptent des comportements (diètes, jeûnes, etc.) qui sont très nuisibles pour leur santé.

2. Pour être en santé, il faut être mince.

MYTHE! Il est vrai que le fait d’être obèse augmente notre risque de développer certaines maladies (maladies cardiovasculaires, diabète, certains types de cancer, etc.). Toutefois, l’apparition et l’évolution de ces maladies dépendent de plusieurs facteurs outre le poids tels l’alimentation, la pratique d’activités physiques ou le stress. Ainsi, des individus présentant un excès de poids peuvent très bien être en santé et échapper à la maladie s’ils adoptent un mode de vie sain. L’hyperminceur est pour sa part loin de garantir la santé et la longévité. En effet, la maigreur est une source de problèmes de santé : fatigue chronique, infections plus fréquentes, anémie, irrégularités menstruelles, faiblesse au cœur, etc.

3. Les hommes sont plus nombreux que les femmes à présenter un excès de poids.

RÉALITÉ! En 2004, 42 % des Canadiens présentaient un excès de poids, comparativement à 30 % chez les femmes. De plus, les hommes sont plus à risque que les femmes de développer des problèmes de santé reliés au poids. Pour des raisons physiologiques associées à leur capacité d’enfanter, les femmes possèdent naturellement un pourcentage de gras corporel plus élevé que les hommes et ont tendance à l’accumuler au niveau des fesses et des cuisses. Et l’accumulation de graisse dans la région du ventre ou la «bedaine» comporte plus de risques pour la santé que la «culotte de cheval» située aux hanches et aux cuisses des femmes. Cette obésité abdominale accroît les risques d’hypertension artérielle, de diabète, de crise cardiaque et d’accident cérébrovasculaire.

4. Se préoccuper de sa ligne et se mettre au régime pour perdre du poids veut dire que l’on prend soin de sa santé.

MYTHE! Ceci est davantage une croyance à la mode qu’une vérité. En réalité, les régimes amaigrissants peuvent menacer autant notre santé physique que notre santé mentale. Les risques associés aux régimes amaigrissants comprennent : des carences en vitamines et minéraux, la fatigue, la difficulté à se concentrer, l’insomnie, la déshydratation, le développement d’une relation obsessive avec la nourriture, la perte du plaisir de manger, la baisse de l’estime de soi, etc. Durant l’enfance ou l’adolescence, les régimes amaigrissants peuvent nuirent à la croissance et même retarder la puberté. Le fait de se préoccuper beaucoup de son poids peut également cacher certains troubles alimentaires, par exemple une tendance à l’anorexie ou à la boulimie.


5. En mastiquant longtemps les aliments, on s’assure de perdre du poids.

MYTHE! Le fait de mastiquer longtemps les aliments ne nous assure pas de perdre du poids mais peut nous aider à atteindre ou maintenir un poids santé. Le temps pris pour mastiquer un aliment ne change rien au nombre de calories qu’il fournit à notre corps. Par contre, le fait de prendre le temps de mastiquer et de savourer les aliments peut nous amener à manger de moins grandes quantités. En prenant son temps pour manger, on a davantage l’occasion de bien sentir les signaux de satiété (signe qu’on a suffisamment mangé) que nous envoie notre corps. L’écoute de ces signaux peut nous aider à éviter d’ingérer des calories superflues dont notre corps n’a pas nécessairement besoin pour bien fonctionner.

6. Le jeûne est une méthode efficace pour maigrir.

MYTHE! Durant les premiers jours de jeûne, on perd essentiellement de l’eau et des muscles, et non du gras : on ne maigrit donc pas en plus de risquer une déshydratation. Notre corps a besoin de l’énergie, des vitamines et des minéraux fournis par les aliments pour bien fonctionner. En le privant de nourriture, on l’expose à différents problèmes de santé. De plus, cette privation peut amener le corps à diminuer sa dépense en énergie, ce qui favorisera le gain de poids une fois la période de jeûne terminée. Ceci explique pourquoi dans plus de 95 % des cas, les personnes qui suivent des diètes finissent par reprendre le poids perdu (et même plus!) à long terme. Ce phénomène est souvent appelé le «syndrome du yoyo».

7. Un enfant potelé ne deviendra pas nécessairement obèse.

RÉALITÉ! Il est vrai que de façon générale, le fait d’être obèse à l’enfance et à l’adolescence accroît le risque de le demeurer à l’âge adulte. Environ 50 % à 70 % des adolescents obèses le resteront une fois adultes, comparativement à 30 % à 50 % chez les enfants. Toutefois, il est aussi vrai que la majorité des adultes obèses ne l’étaient pas lorsqu’ils étaient enfants ou adolescents. Tous les enfants potelés ne deviennent donc pas nécessairement obèses à l’âge adulte. D’autres facteurs entrent en ligne de compte, comme l’hérédité et les habitudes de vie telles l’alimentation et l’activité physique.

8. Quand on mange peu, l’estomac rétrécit.

MYTHE! L’estomac est un muscle et ne change pas de taille : il peut s’étirer lorsqu’il se remplit, mais il reprend toujours sa taille initiale en se vidant.

9. Une grosse personne mange nécessairement plus qu’une personne mince.

MYTHE! La consommation élevée d’aliments peu nutritifs, riches en gras et en sucre, et de type fast food favorise sans aucun doute le gain de poids. En pratique, toutefois, elle ne produit pas le même effet chez tous. À portions égales de nourriture, certaines personnes n’engraissent pas alors que d’autres gagnent du poids. La régulation du poids est un phénomène complexe. Les besoins en énergie varient énormément d’un individu à l’autre, d’une journée à l’autre et en fonction des activités pratiquées. Le surplus de calories nécessaire pour prendre du poids ne serait pas non plus le même pour tous. Bien que les causes de l’obésité soient encore mal connues, on estime que 25 à 40 % des facteurs associés à l’obésité impliqueraient des facteurs génétiques.

11. On peut être très actif physiquement et avoir quand même un excès de poids.

RÉALITÉ! Si une proportion importante de grosses personnes sont peu actives physiquement, bien des gens minces le sont aussi. L’évolution récente des habitudes de vie contribuant à un mode de vie sédentaire touche l’ensemble de la population, pas seulement les obèses. Toutefois, les moqueries ou les regards désobligeants dont elles sont souvent l’objet lorsqu’elles font de l’exercice en public découragent de nombreuses grosses personnes à faire de l’activité physique et ce, dès un très jeune âge.
Bien que la pratique d’activités physiques influence de façon importante la régulation du poids, la littérature scientifique n’établit pas de façon absolue si la sédentarité est une cause ou bien une conséquence de l’obésité. L’activité physique ne fait pas systématiquement perdre du poids, bien qu’elle puisse favoriser la perte de poids lorsque combinée à d’autres changements de style de vie. Toutefois, la pratique régulière d’activités physiques présente de nombreux avantages pour la santé.

10. La plupart des grosses personnes le sont parce qu’elles ont des problèmes psychologiques.

MYTHE! Il est fréquent d’entendre que les grosses personnes le sont parce qu’elles mangent leurs émotions, qu’elles sont dépressives et influençables, qu’elles sont instables ou immatures, bref que leur état psychologique souffre d’un déséquilibre majeur. Or, aucune preuve scientifique sérieuse n’appuie la théorie voulant que l’excès de poids est le lot des hyperémotifs, des névrosés et des dépressifs. Les grosses personnes ne souffrent pas d’excès de poids à cause de problèmes psychologiques. Mais on peut supposer qu’elles peuvent en développer, notamment des symptômes de dépression et une mésestime de soi, en raison du fardeau du jugement d’autrui et des échecs répétés à la suite de leurs tentatives d’amaigrissement.

11. En améliorant nos habitudes de vie (mieux manger, être plus actif), on améliore notre santé même si on ne perd pas de poids.

RÉALITÉ! Des études ont démontré que le simple fait d’améliorer certaines habitudes de vie (ex. : augmenter la pratique d’activité physique), sans nécessairement perdre du poids, permettait de faire diminuer le taux de mauvais cholestérol et d’augmenter le taux de bon cholestérol dans le sang, diminuant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires.